La publication scientifique révolutionnée

490_0008_11628475_CDP_My_Science_Work_1Court-circuitagedes canaux traditionnels.

MyScienceWork, une start-up qui offre toute la science en libre accès.

MyScienceWork est une jeune start-up créée en 2010 par Virginie Simon et Tristan Davaille. Le but affiché de la société est, tout bonnement, de révolutionner le monde de la publication scientifique en offrant, dans la mesure du possible, les écrits scientifiques en libre accès.

«L’idée m’est venue, explique Virginie Simon, à l’époque où je travaillais sur ma thèse. Comment accéder aux informations, obtenir des échos d’autres scientifiques, échanger des idées?»

Pour fonder une entreprise, un doctorat en nanotechnologies ne suffit pas. Il fallait un économiste. C’est le rôle que tient Tristan Davaille qui est ingénieur en finances.

La tendance à l’open access (libre accès) connaît un véritable essor, «les Etats commencent à légiférer sur le sujet, les universités créent des bases de données, l’Union européenne s’y intéresse aussi», poursuit-elle.

[cleeng_content id="855174180" description="Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\'acheter à l\'unité ou via un abonnement" price="0.49" t="article"]Au Luxembourg, les deux entrepreneurs se sentent d’ailleurs soutenus par l’Etat qui ne lésine pas sur le financement. Et en 2012, MyScienceWork s’est vu attribué le prix «Creative Young Entrepreneur Luxembourg». Y a-t-il une volonté de promouvoir l’accès aux sciences au Luxembourg alors? «Oui, répond Tristan Davaille, les sciences et l’entrepreneuriat.» La recette de MyScienceWork est assez simple. Un moteur de recherche très performant et un réseau social. Mais, la société ne se limite pas à la recherche de textes et à les mettre à disposition.

Devenir un acteur

Profils d’experts, offres d’emploi, annonces de conférences et création d’événements. «Nous ne voulons pas participer passivement. Notre objectif est de devenir un acteur», lance Virginie Simon.

Preuve à l’appui: lors de la semaine mondiale «Open Access Week» (du 21 au 27 octobre), MyScienceWork proposera en partenariat avec des universités de renom, des conférences de presse au Luxembourg et en France. «Nous nous sommes rendus compte qu’au Luxembourg et en France peu de choses sont organisées en matière de libre accès aux savoirs», poursuit Simon. Etre acteur devient indispensable pour se distinguer de la concurrence, qui se fait de plus en plus virulente, car «2013 est un tournant pour le libre accès à la science. La tendance était discernable depuis quelques années, mais cela a pris une certaine ampleur. L’enjeu, c’est la libéralisation des savoirs, et il se trouve que les magazines scientifiques les plus importants perdent en vitesse. C’est-à-dire que les chercheurs, qui veulent être lus et cités, se tournent de plus en plus vers des plates-formes comme la nôtre».

Il s’agit donc d’étoffer l’offre et d’aller plus loin que les autres plates-formes. «Nous avons une rubrique « News », qui regroupe des articles de vulgarisation dans des dossiers thématiques. Nous avons franchi un cap supplémentaire par rapport à nos concurrents qui limitent leurs réseaux aux seuls scientifiques», continue encore Virginie Simon. Et cela ne s’arrête pas là. Si Virginie Simon a connu une formation très poussée en sciences dures, elle ne dédaigne pas pour autant les sciences humaines. «Il suffit de taper un mot dans notre moteur de recherche pour trouver des articles de biologie, de chimie, de philosophie ou de sociologie. Le chercheur qui veut que son travail apparaisse isolé des autres domaines peut nous le demander.»

Il s’agit aussi de répondre à un souci d’interdisciplinarité qui est en passe de devenir la règle dans la recherche scientifique.

La grande révolution de la publication s’accompagne d’une petite révolution. Le libre accès modifie «les structures hiérarchiques dans les universités. A une époque, l’initiative d’un jeune chercheur a souvent été mal vue. Les plates-formes « open access » brisent ces contraintes et permettent d’obtenir un écho rapide», explique Virginie Simon.

Actuellement, la société cherche des partenariats avec des universités pour agrandir son réseau, qui compte déjà 31.000 inscrits. L’augmentation du volume de la base de données est également une préoccupation. A ce jour, la plate-forme compte quelque 25.000.000 d’articles.

Maurice Magar[/cleeng_content]

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